Le genre influe-t-il sur ce que les jeunes pensent du cannabis et sur sa consommation?

May 2021

En bref

Cette étude visait à déterminer ce que les jeunes adultes pensaient de la consommation de cannabis avant sa légalisation. Les auteurs ont constaté que les jeunes adultes étaient davantage portés à faire une consommation problématique de cannabis s’ils considéraient que celle ci présentait un moindre risque. Ainsi, chez les jeunes de sexe masculin, qui considéraient le cannabis comme moins dangereux que les jeunes de sexe féminin, sa consommation était plus fréquente et plus problématique. De plus, l’équipe de recherche a découvert que les jeunes gens qui faisaient état d’un niveau élevé d’anxiété étaient plus enclins à se livrer à une consommation problématique de cannabis et que la corrélation était plus marquée chez les jeunes filles, également plus nombreuses à ressentir de l’anxiété.


Objet de la recherche

Au Canada, c’est chez les jeunes de 18 à 24 ans qu’on recense la plus grande proportion de consommateurs de cannabis. Compte tenu des méfaits possibles de la consommation de cannabis et de la récente légalisation du cannabis au Canada, il est important de savoir ce que les jeunes pensent de la consommation de cannabis.

Cette étude visait à mieux cerner le rapport entre la perception des risques liés à la consommation de cannabis et les habitudes de consommation des jeunes adultes canadiens. L’équipe de recherche souhaitait en outre découvrir si le genre jouait un rôle dans ces liens de causalité.

Méthodes

Avant la légalisation du cannabis au Canada, 1 043 étudiants de premier cycle de l’Université Carleton avaient participé à un sondage en ligne sur la consommation de cannabis. Ils devaient répondre à des questions sur leurs habitudes de consommation, donner leur opinion sur cette consommation et indiquer la fréquence de leurs symptômes d’anxiété.

L’équipe de recherche a essayé de déterminer si la perception des risques liés à la consommation de cannabis différait selon le genre. Elle a également étudié le rapport entre les schémas de consommation et la perception des risques et entre les schémas de consommation et l’anxiété. Enfin, l’équipe de recherche a cherché à établir si le genre avait une incidence sur l’étroitesse de ces corrélations. Il convient de noter qu’en raison du petit nombre de participants ayant déclaré appartenir à un genre « autre », seuls ceux qui s’étaient identifiés comme étant de sexe masculin ou féminin ont été pris en compte dans les analyses.

Conclusions de la recherche

En examinant les réponses au sondage, l’équipe de recherche a constaté ce qui suit :

  1. Les opinions sur la consommation de cannabis différaient selon le sexe. L’attitude des jeunes de sexe masculin à l’égard de la consommation de cannabis était plus laxiste que celle des jeunes de sexe féminin. C’est ainsi que les premiers considéraient que consommer du cannabis pendant la grossesse et conduire sous l’emprise du cannabis ne présentait pas un risque sérieux, et ils étaient plus nombreux à penser que le cannabis était moins dangereux que l’alcool.
  2. Les participants qui considéraient que les risques liés à la consommation fréquente de cannabis n’étaient pas très graves étaient plus nombreux à faire état d’une consommation problématique. La consommation de cannabis était plus fréquente et plus problématique chez les jeunes de sexe masculin.
  3. le rapport entre un niveau d’anxiété élevé et une consommation de cannabis problématique était marqué, surtout chez les jeunes de sexe féminin.

Portée et limites des conclusions

L’étude reposant sur des données autodéclarées, il est possible qu’en raison de la stigmatisation entourant la maladie mentale et la consommation de cannabis, les participants aient minimisé leur anxiété et la fréquence de leur consommation de cannabis. De surcroît, l’étude ayant été réalisée avant la légalisation, les réponses des participants pourraient ne pas être les mêmes, à présent que le cannabis a été légalisé. Par ailleurs, les participants n’ayant été interrogés qu’une seule fois, il est impossible de déterminer si certains facteurs ont pu être à l’origine de certaines réponses. Enfin, la plupart des participants étant des étudiants en première année de premier cycle d’une seule université, il est difficile d’établir si ces conclusions sont représentatives d’autres populations au Canada.

Applications possibles

Cette étude pourrait servir de base à d’autres recherches examinant les opinions sur la consommation de cannabis ainsi que le rapport entre le genre et la consommation de cannabis. Les résultats peuvent également aider à mettre sur pied des interventions et des campagnes de sensibilisation. Par exemple, on pourrait lancer des programmes d’information pour les hommes afin de les alerter sur les risques d’une consommation prolongée et fréquente de cannabis, et fournir aux femmes des ressources concernant l’anxiété et la consommation problématique.

À propos de cette Recherche en bref

Cette Recherche en bref est un commentaire de l’article intitulé « Cannabis Use, Anxiety, and Perceptions of Risk among Canadian Undergraduates: The Moderating Role of Gender », publié dans le Canadian Journal of Addiction en 2019. 10.1097/CXA.0000000000000059

Elle a été réalisée par le Réseau d’échange de données probantes sur la toxicomanie et la santé mentale (EENet), qui fait partie du Programme de soutien au système provincial (PSSP) du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). Les informations fournies ici résument un article revu par des pairs. Vous trouverez d’autres Recherches en bref présentant des données factuelles relatives à divers sujets sur le Réseau EENet à https://www.eenet.ca/fr/resources.

Si les informations présentées dans cette Recherche en bref ont été minutieusement sélectionnées et formatées, elles ne se fondent que sur un seul article de recherche. Une recherche exhaustive n’a pas été effectuée pour déterminer s’il existe de nouvelles données. Par conséquent, il est possible que le cadre de la recherche, la terminologie utilisée, les méthodes de recherche et les conclusions tirées ne brossent pas un tableau complet du sujet de l’étude. Par ailleurs, un laps de temps s’étant écoulé entre la réalisation et la publication de l’étude, il n’est pas dit que celle-ci reflète la situation actuelle.

Auteur·e·s

Kim Hellemans, Ph. D.1, Jessica Wilcox, B.A.3, Julian Nino, B. Sc.1, Matthew Young, Ph. D.2,3, Robyn McQuaid, Ph. D.4

  1. Département de neurosciences, Université Carleton, Ottawa (Ontario) Canada

  2. Département de psychologie, Université Carleton, Ottawa (Ontario) Canada

  3. Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, Ottawa (Ontario) Canada

  4. Institut de recherche en santé mentale du Royal, Ottawa (Ontario) Canada

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